top of page

Autour de la cinquantaine, ce n’est pas tant qu’on vieillit. C’est qu’on change.

Photo du rédacteur: Maryline Bazin
Maryline Bazin
31 août
6 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 7 jours








Quand le corps, les envies et le regard des autres nous révèlent que nous ne sommes plus tout à fait celle que nous étions ... Et alors ?







Quand le corps, les envies et le regard des autres nous révèlent que nous ne sommes plus tout à fait celle que nous étions ... Et alors ?


Peut-être que le véritable sujet n'est pas de savoir comment rester celle que nous étions, mais de découvrir celle que nous sommes en train de devenir?

Alors prendre soin de soi, à ce moment là, ne commencerait-il pas par écouter cette évolution ?


C'est là que l'écologie de soi prend tout son sens : apprendre à écouter ce qui change en nous, pour prendre soin de celle que nous sommes aujourd'hui plutôt que de chercher à maintenir celle que nous étions hier.



I

Quelque chose a changé. Mais quand ?


Autour de la cinquantaine, il peut arriver que l'on commence à remarquer des choses que l'on n'avait pas vraiment regardées.


Une petite douleur qui revient. Une énergie qui n'est plus tout à fait la même. Quelques kilos qui se sont installés doucement. Le corps qui se transforme. Le visage aussi.


Rien de spectaculaire. Rien qui nous oblige véritablement à nous arrêter.


Alors on continue.


On s'habitue à cette petite douleur. On fait avec cette fatigue. On achète peut-être une taille différente.

On regarde rapidement son reflet dans le miroir sans vraiment s'y attarder.


Et puis, petit à petit, quelque chose devient visible.


Parfois, c'est le regard des autres qui nous le révèle.


Une remarque sur notre âge que l'on n'entendait pas auparavant. Une réflexion sur notre silhouette.

Une mère qui nous propose gentiment un vêtement en nous disant : « Ça devrait t'aller ? », alors qu'elle ne le faisait pas avant.


Pour la personne qui parle, cela peut sembler parfaitement anodin. Mais pour nous, quelque chose peut résonner différemment.


Ah! Les autres voient quelque chose que je n'avais pas vraiment regardé.

Miroir doré ancien sur fond beige, vases en céramique et citation: Nous changeons depuis longtemps...

II

Et si le changement avait commencé bien avant ?


Nous avons tendance à penser le changement comme quelque chose qui arrive à un moment donné.


Une prise de poids. Une douleur. Une ride de plus. Un anniversaire qui nous fait changer de dizaine.


Mais souvent, ce n'est pas ainsi que cela se passe.


Nous changeons depuis longtemps, par petites touches, sans vraiment nous en apercevoir et pas seulement au niveau physiologique.


Nos besoins évoluent, nos envies aussi. Notre façon de voir les choses, ce qui nous intéresse, ce qui nous nourrit et aussi ce que nous ne voulons plus.


Mais avons-nous réellement pris le temps d'écouter ces changements?


Nous pouvons être tellement occupées à faire ce que nous avons toujours fait que nous ne remarquons pas que celle qui fait ces choses n'est plus tout à fait la même.


Et lorsque l'extérieur finit par rendre ces changements visibles, nous pouvons avoir l'impression qu'ils viennent d'arriver.


Alors qu'ils étaient déjà là.



III

Je ne suis plus la jeune femme que j'étais. Et alors ?


C'est peut-être là que commence une autre manière de regarder cette période.


Oui, je ne suis plus la jeune femme que j'étais.

Mon corps n'est plus celui de mes vingt ans.

Je n'ai peut-être plus les mêmes envies, ni les mêmes priorités.


Je ne suis peut-être plus regardée de la même manière. Et alors ?


Pourquoi faudrait-il nécessairement y voir une perte ?


Pourquoi faudrait-il chercher à retrouver exactement celle que nous étions ?


Il ne s'agit pas non plus de tout accepter passivement au nom du « naturel ».


Prendre soin de son corps, bouger, entretenir sa force et sa vitalité, faire attention à son alimentation, prendre soin de son apparence : tout cela peut être une façon profondément écologique de prendre soin de soi.


La question pourrait plutôt être :


Est-ce que je prends soin de moi pour accompagner celle que je deviens, ou est-ce que je cherche à retenir celle que j'étais ?


Ce n'est pas la même chose.



IV

Accompagner plutôt que lutter


Vieillir existe. Le corps évolue. Nous ne pouvons pas faire comme si ce n'était pas le cas, mais nous pouvons peut-être choisir la manière dont nous accompagnons cette évolution.

Il y a quelque chose de beau dans l'idée de ne pas chercher à rester figée dans une image ancienne de soi.


Comme un bon vin qui évolue avec le temps. Ce qui fait son intérêt, c'est ce que le temps lui a apporté.

Pourquoi n'en serait-il pas de même pour nous ?



Davantage de maturité, de connaissance de soi, plus de discernement, une autre relation au temps, une plus grande capacité à choisir, peut-être davantage de sérénité.


Et cela n'empêche ni la vitalité, ni la curiosité, ni le désir, ni le plaisir.


On peut changer sans se diminuer.


On peut même prendre soin de ce que l'on aime chez soi tout en cessant de considérer l'évolution comme quelque chose qu'il faudrait absolument empêcher.



V

Mais pour cela, encore faut-il s'écouter


C'est peut-être là que les choses deviennent plus délicates.

Parce que nous pouvons très bien savoir intellectuellement que nous changeons sans réellement écouter ce qui se passe en nous.


Nous pouvons continuer à fonctionner avec les mêmes habitudes, les mêmes exigences, les mêmes façons de nous comporter, alors que nos besoins ont évolué.


Ce qui était parfaitement adapté à une période de notre vie ne l'est peut-être plus aujourd'hui.


Alors quelques questions peuvent commencer à émerger :


  • De quoi ai-je besoin maintenant ?

  • Qu'est-ce qui me donne encore de l'énergie ?

  • Qu'est-ce qui ne me convient plus ?

  • Qu'est-ce que je continue à faire par habitude ?

  • Quelles sont les envies qui apparaissent aujourd'hui ?

  • Qu'est-ce que mon corps essaie peut-être de me dire ?

  • Et qu'est-ce que j'ai envie de devenir, maintenant que je ne suis plus exactement celle que j'étais ?


Il n'est pas nécessaire d'avoir immédiatement les réponses.

Il faut peut-être d'abord faire de la place pour entendre les questions.



VI

C'est cela, l'écologie de soi


L'écologie de soi commence peut-être là : considérer que notre environnement intérieur mérite lui aussi notre attention.

Observer ce qui change.

Reconnaître ses besoins.

Écouter ses limites.

Regarder ses envies.

Prendre soin de son corps sans le considérer comme un ennemi du temps.


Et surtout, ne pas demander à notre présent de continuer à fonctionner selon les règles de notre passé.

Il ne s'agit pas de devenir quelqu'un d'autre mais de devenir davantage en lien avec celle que nous sommes devenue.


Et plus nous nous écoutons, plus nous pouvons découvrir ce que cette période de notre vie a à nous offrir, pas nécessairement ce que l'on avait imaginé ni ce que la société attend de nous.


Mais ce qui, aujourd'hui, nous nourrit réellement.



VII

Une période à traverser, mais aussi à célébrer


Autour de la cinquantaine, quelque chose peut se défaire : une image de soi, une certaine manière d'être une femme, des habitudes, des attentes, des représentations de ce que devrait être notre vie.


Cela peut être déstabilisant.

Mais cela peut aussi être une ouverture.


Parce que lorsque l'on cesse progressivement de chercher à être celle que l'on était, il devient possible de découvrir qui l'on est maintenant.


Et peut-être que cette période mérite autre chose que la résignation ou la nostalgie.


Peut-être mérite-t-elle d'être traversée, accueillie et même célébrée.


Pas parce que tout devient facile, mais parce qu'une nouvelle étape de notre vie nous donne l'occasion de nous rencontrer autrement.


Devenir femme, puis devenir encore une autre femme, encore et encore. Devenir. C'est peut-être finalement le chemin de chacune d'entre nous.



VOUS N'ÊTES PAS OBLIGÉE DE TRAVERSER CETTE PÉRIODE SEULE


Cette période de transition peut être riche, mais elle n'est pas toujours facile à comprendre.

Il peut être utile de s'arrêter, de prendre du recul, de mettre des mots sur ce qui change, d'écouter ce que le corps, les émotions et les envies viennent nous dire.


C'est aussi ce que permet un accompagnement en écologie de soi : créer un espace où l'on peut se poser, observer ce qui se passe, reconnaître ses besoins, ses limites, ses valeurs et ses envies, sans avoir à trouver immédiatement toutes les réponses.


Avoir un espace pour écouter celle que nous sommes en train de devenir, et apprendre à vivre avec elle plutôt que contre elle. Avancer progressivement dans le sens de son propre mouvement.




Prochainement ...

Cette évolution, nous la poursuivrons avec deux autres thèmes sur cette période de vie et en lien avec l'écologie de soi : la ménopause, comme une mue, puis avec l’alimentation, entre envie et besoin.


A LIRE AUSSI


Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page