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Développer sa conscience - à quoi ça sert?

  • Photo du rédacteur: Maryline Bazin
    Maryline Bazin
  • il y a 1 jour
  • 5 min de lecture




Développer

sa conscience

ça sert à quoi ?



Une notion qui m'accompagne depuis plus de 10 ans

mais qu'est-ce que cela signifie vraiment.



Dans mon précédent article, je me suis interrogée sur les transformations des organisations et sur ce qui peut permettre à ces changements de s'inscrire dans le temps.


Changer les modes de management, modifier les organisations, donner davantage de place à l'intelligence collective ou à l'autonomie peut ouvrir de nouvelles possibilités. Mais une organisation reste composée de personnes. Et si ces personnes ne prennent pas conscience de leurs propres fonctionnements, elles risquent de reproduire, dans un nouveau cadre, des mécanismes qu'elles pensaient avoir laissés derrière elles.



C'est à partir de cette réflexion que j'ai envie d'aller un peu plus loin aujourd'hui et de parler d'une notion qui m'accompagne depuis plus de dix ans : le développement de la conscience.


Mais qu'est-ce que cela signifie réellement ?


I

Qu'est-ce que la conscience ?


Nous parlons souvent de conscience comme de la capacité à savoir ce que nous faisons ou à comprendre ce qui nous entoure.


Pour moi, développer sa conscience va un peu plus loin.


C'est apprendre à observer ce qui se passe en soi.


Observer ses pensées, ses émotions, ce qui se manifeste dans son corps, ses réactions, ses comportements, ses actions. Observer ce qui nous attire, ce qui nous met en colère, ce qui nous fait peur, ce qui nous donne envie de fuir ou, au contraire, de nous engager.


Cette notion d'observation a été pour moi un véritable changement de paradigme.


Parce qu'observer quelque chose ne signifie pas ne plus le vivre.


Je peux être en colère et observer ma colère. Je peux avoir peur et observer ma peur. Je peux être profondément touchée par une situation et, en même temps, prendre conscience de ce qui se passe en moi.


Nous sommes des êtres humains. Nous vivons les choses. Nous ne sommes pas des observateurs détachés de notre propre existence.


Mais il existe parfois un petit espace entre ce que nous vivons et ce que nous en faisons.

Et c'est dans cet espace que quelque chose devient possible.








" Il existe parfois un petit espace entre ce que nous vivons et ce que nous en faisons.


C'est dans cette espace que tout devient possible. "







II

Observer pour pouvoir choisir


Lorsque je suis complètement prise dans une réaction, je peux avoir le sentiment que je n'ai pas vraiment le choix. Je réagis comme je réagis, parce que c'est plus fort que moi.


L'observation permet parfois de créer un peu de distance.


Pas pour contrôler ce que je ressens, ni pour devenir quelqu'un de parfaitement rationnel, mais pour pouvoir regarder ce qui se passe et me demander :


Qu'est-ce qui est en train de se jouer pour moi ?


Pourquoi cette situation me touche-t-elle autant ?


Qu'est-ce que cela vient réveiller ?


De quoi ai-je besoin ?


Qu'est-ce que je suis en train de faire ?


Et surtout : est-ce que je souhaite continuer à agir de cette manière ?


C'est là que la notion de responsabilité prend tout son sens.


Je ne suis pas responsable de tout ce qui m'arrive, ni de tout ce que je ressens. En revanche, lorsque je commence à prendre conscience de mes mécanismes, je peux devenir davantage responsable de ce que j'en fais.


Je peux choisir de continuer comme avant.


Ou je peux décider d'expérimenter autrement.




III


Ce que nous ne voyons pas continue parfois à agir


C'est l'une des idées qui m'ont particulièrement marquée dans la pensée de Carl Gustav Jung : ce qui reste inconscient peut continuer à influencer notre manière de vivre et de choisir.


Jung l'a formulé de différentes manières autour de la notion d'inconscient et d'individuation. Une formulation souvent attribuée à Jung résume cette idée ainsi : tant que nous ne rendons pas l'inconscient conscient, il continue à diriger notre vie et nous pouvons prendre ce qui nous arrive pour du destin.


Je trouve cette idée particulièrement intéressante lorsqu'on la ramène à notre quotidien.


Nous pouvons croire que nous faisons des choix libres alors que certains sont fortement influencés par des besoins que nous ne reconnaissons pas, par des croyances que nous n'avons jamais questionnées, par notre histoire ou par des façons de fonctionner que nous avons apprises très tôt.


Nous pouvons, par exemple, chercher constamment à être reconnus sans vraiment avoir conscience de l'importance que cette reconnaissance a pour nous.


Nous pouvons avoir beaucoup de mal à poser nos limites tout en nous demandant pourquoi nous sommes régulièrement épuisés.


Nous pouvons éviter les conflits et nous retrouver pourtant régulièrement dans des relations qui nous mettent en tension.


Tant que nous ne regardons pas ces mécanismes, ils ont tendance à se répéter.



IV

Se connaître ne signifie pas devenir une meilleure version de soi


Développer sa conscience ne signifie pas, pour moi, devenir plus performant, plus efficace ou même devenir une « meilleure version de soi ».


Il ne s'agit pas de fabriquer un nouveau soi qui correspondrait davantage à ce que nous pensons devoir être.


Il s'agit plutôt d'apprendre à connaître son propre environnement intérieur.


Ses besoins, ses valeurs, ses limites, ses ressources, ses contradictions, ses peurs, ses envies, ses fonctionnements relationnels.



Se connaître, ce n'est pas découvrir une fois pour toutes qui l'on est.


C'est apprendre à se regarder suffisamment pour pouvoir faire des choix qui nous ressemblent davantage.


" Le développement de la conscience n'est pas une fin en soi mais une possibilité d'agir autrement."


V

Et cela change aussi notre manière d'être au monde


Cette connaissance de soi ne reste pas enfermée dans notre vie intérieure.


Elle influence forcément notre manière de travailler, de décider, d'exercer notre pouvoir, de poser nos limites ou d'entrer en relation avec les autres.


C'est aussi pour cela que je fais le lien avec mon article précédent.


Si nous voulons transformer durablement nos organisations, nous avons besoin de réfléchir aux structures que nous créons. Mais nous avons aussi besoin de regarder les personnes qui les font vivre.


Une personne qui connaît mieux ses mécanismes peut commencer à repérer ce qu'elle apporte dans une relation.


Elle peut voir ce qui lui appartient et ce qui appartient à l'autre.


Elle peut identifier une réaction automatique avant de décider de la suivre.


Elle peut expérimenter une autre manière de communiquer, de poser une limite, de prendre sa place ou d'exercer son autorité.


Et c'est là que le développement de la conscience devient intéressant : non pas comme une fin en soi, mais comme une possibilité d'agir autrement.



VI

Faire le point pour savoir où l'on en est


Apprendre à se connaître est un chemin. Et il n'est pas toujours facile de prendre suffisamment de recul seul.


Parfois, une situation professionnelle qui se répète, une relation qui nous questionne, un sentiment de décalage ou simplement l'impression de ne plus savoir où l'on en est peuvent être l'occasion de s'arrêter un moment.


Faire le point.


Observer où l'on en est aujourd'hui, ce qui nous convient encore, ce qui ne nous convient plus, ce que l'on veut préserver et ce que l'on aimerait faire évoluer.


C'est l'un des rôles que peut avoir un accompagnement en coaching : offrir un espace où l'on peut observer sans avoir à immédiatement trouver une solution, mettre des mots sur ce qui se passe et expérimenter ensuite des façons d'agir qui soient davantage en cohérence avec soi.


Parce que développer sa conscience n'a de sens, à mes yeux, que si cette conscience nous permet ensuite de faire des choix.


Et peut-être de construire, petit à petit, une vie personnelle et professionnelle qui nous ressemble davantage.





Si vous avez envie de faire le point sur votre situation, votre manière de fonctionner, vos besoins, vos valeurs ou vos limites, je vous propose une séance exploratoire .




À VENIR

Et si le développement de la conscience individuelle pouvait aussi participer à transformer le collectif ?

C’est la question que j’explorerai dans le prochain article.


A LIRE AUSSI

l'article précédent sur les transformations des organisations un point de départ nécessaire mais pas suffisant.

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