top of page

La ménopause : un arrêt… ou un changement d’étape ?

Photo du rédacteur: Maryline Bazin
Maryline Bazin
il y a 4 jours
5 min de lecture


À la ménopause, ce n’est pas seulement

notre corps qui change.

C’est une nouvelle étape qui commence.






Cette période à vivre comme une mue plutôt qu'un arrêt



Le mot « ménopause » raconte déjà une histoire


Le mot « ménopause » vient du grec mên, le mois, et pausis, l’arrêt. Littéralement, il signifie donc « l’arrêt des mois », en référence à l’arrêt des menstruations.

C’est bien ce qui se passe physiologiquement. Le corps traverse une période de changements hormonaux et les règles finissent par s’arrêter.

En Occident, c’est principalement à travers cette réalité que nous regardons la ménopause : ce qui s’arrête, ce qui change dans le corps, les symptômes qui peuvent apparaître et les désagréments qu’il faut parfois apprendre à gérer.


Pourtant, là où notre vocabulaire occidental voit une cessation, dans d'autres coins de la planète on y décèle un commencement, c'est la cas par exemple dans la tradition ayurvédique : le passage sacré vers l'âge de Vata, une saison de vie où l'énergie autrefois dédiée à la fertilité extérieure se tourne enfin vers l'intérieur, pour nourrir sa propre écologie.


Cette différence de regard m’intéresse parce qu’un même phénomène biologique peut être raconté de deux façons : comme quelque chose qui s’arrête, ou comme quelque chose qui se révèle.


Et la manière dont nous regardons ce qui nous arrive peut aussi modifier la manière dont nous le vivons.



I

Une mue plutôt qu'une fin


J'aime cette image de la mue parce qu'elle ne parle ni de disparition ni de déclin.


Une mue est un processus naturel d'évolution : une ancienne enveloppe devient trop étroite et doit être laissée derrière soi pour permettre à l'être vivant de continuer son développement.


La ménopause peut être regardée de cette façon.


Non pas comme l'entrée dans une période où l'on serait désormais « moins », moins jeune, moins fertile, moins séduisante ou moins énergique, mais comme le passage vers une autre période de la vie.


Cela ne signifie pas que tout devient facile ou que les difficultés liées à la ménopause n'existent pas. Certaines femmes traversent cette période avec peu de symptômes, d'autres vivent des changements beaucoup plus importants et peuvent avoir besoin d'un accompagnement spécifique.


Mais au-delà de ce qui se passe physiologiquement, cette période peut aussi devenir un moment où l'on commence à regarder autrement sa façon de vivre.



Fenêtre lumineuse, tasse blanche et tissu clair sur le rebord; texte: Une ancienne enveloppe devient trop étroite, ambiance douce.

II

Le corps nous invite à faire une pause


Le corps change et cela mérite d'être pris en compte. Notre manière de prendre soin de nous peut avoir besoin d'évoluer, dans notre alimentation, notre activité physique, notre sommeil ou simplement notre rythme de vie.


Mais cette évolution peut aussi nous amener à regarder un peu plus loin que le corps.


Pendant des années, nous avons souvent appris à avancer, à faire, à gérer, à nous adapter, à tenir notre rôle et à répondre aux attentes. Nous pouvons alors continuer sur notre lancée sans vraiment nous demander si cette manière de fonctionner nous convient encore.


La ménopause peut devenir un moment où cette question se pose avec davantage d'insistance.


Est-ce que ma manière de vivre est encore adaptée à la personne que je suis aujourd'hui ?

III

Faire moins, choisir davantage : une autre façon d’habiter sa vie


Fleur pâle dans un petit vase en céramique sur une table en bois, fond beige minimaliste.

Pendant une grande partie de notre vie, la performance peut être associée à la capacité de faire beaucoup, de tenir, d’avancer, de multiplier les projets et de répondre présente.


Avec le temps, une autre conception de la performance peut prendre sa place : faire moins, mais choisir davantage.


Il ne s’agit pas de renoncer à la vitalité, à l’action ou à l’ambition, mais de devenir plus attentive à l’endroit où l’on investit son énergie. Ne plus mesurer sa valeur uniquement à ce que l’on est capable de faire, mais aussi à ce que l’on choisit de faire.


Moins de dispersion, plus de discernement. Moins de besoin de répondre aux attentes, plus de choix.


Cela peut aussi transformer notre relation au temps. Nous pouvons commencer à nous demander ce qui mérite réellement notre énergie, ce que nous avons envie de conserver, ce qui peut être laissé derrière nous et ce qui a désormais davantage de sens.


C’est une autre façon d’habiter son corps et sa vie, avec peut-être moins de volonté de tout faire et davantage d’attention à ce qui est juste pour soi aujourd’hui.



IV

Prendre le temps de s'écouter


Encore faut-il prendre le temps de s'arrêter suffisamment pour entendre ces changements.

Il ne s'agit pas forcément de tout remettre en question ni de chercher immédiatement de nouvelles réponses. Il s'agit d'abord d'observer ce qui se passe, de reconnaître ce qui a changé et de faire une place à ce que l'on ressent.


Qu'est-ce qui me fait du bien aujourd'hui ?

Qu'est-ce qui m'épuise ?

Qu'est-ce que je continue à faire par habitude ?

Qu'est-ce qui compte vraiment pour moi maintenant ?

De quoi ai-je besoin pour cette nouvelle période de ma vie ?


Ces questions paraissent simples, mais elles demandent parfois un véritable temps d'arrêt. Nous sommes tellement habituées à faire que prendre le temps de s'écouter peut devenir, en soi, une nouvelle expérience.


une femme qui regarde l'horizon assise sur une pierre au bord de la mer

V

C'est là que l'écologie de soi prend tout son sens


L'écologie de soi, c'est prendre soin de son environnement intérieur, en tenant compte de ce qui est réellement là et de ce qui évolue.


La ménopause peut être un moment particulier pour en prendre conscience. Le corps change, mais notre manière de vivre peut elle aussi avoir besoin d'être ajustée.


Écouter son corps, reconnaître ses limites, identifier ses besoins, regarder ses envies, choisir où mettre son énergie, accepter que ce qui était juste hier ne le soit peut-être plus aujourd'hui : tout cela participe à cette démarche.


L'écologie de soi ne consiste pas à tout accepter au nom du naturel. Prendre soin de soi peut aussi vouloir dire consulter, se faire accompagner, bouger, adapter son alimentation ou chercher des solutions lorsque le corps en a besoin.


Il s'agit plutôt de ne pas se couper de ce qui se passe en soi et de pouvoir en tenir compte dans ses choix.



VI

Une transition à accompagner


C'est aussi une période que je traverse personnellement. Et c'est en la vivant que je prends davantage conscience de l'importance de pouvoir s'arrêter, se poser et regarder ce qui est en train de changer.

Ce temps de pause n'est pas toujours facile à prendre seule, surtout lorsque l'on a passé une grande partie de sa vie à avancer, gérer, faire et répondre aux attentes.


Un accompagnement en écologie de soi peut justement offrir cet espace : un temps pour ralentir, mettre des mots sur ce qui change, comprendre ce qui se joue, retrouver ses repères et réfléchir à ce que l'on souhaite pour la suite.


Il ne s'agit pas d'apprendre à « bien vivre sa ménopause » ou de recevoir une nouvelle liste de choses à faire, mais de pouvoir être accompagnée dans cette période particulière pour mieux comprendre ce qui se passe en soi et ajuster sa vie à celle que l'on est devenue.


Mains tenant une tasse de café fumant près d’un carnet ouvert, d’un stylo et d’eucalyptus sur une table en bois.

On ne choisit pas la mue. Mais on peut choisir de l'accompagner.



A LIRE AUSSI

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page